Question de la rédaction : quelles sont les priorités pour un couple franco-ukrainien qui attend un enfant en France en 2026 ?

Réponse : Il faut choisir rapidement un professionnel pour le suivi, déclarer la grossesse à la CPAM et à la CAF, s’inscrire dans une maternité, anticiper la déclaration de naissance et vérifier les démarches consulaires ukrainiennes. Le couple doit aussi décider du nom de l’enfant, préparer les congés professionnels et déposer les demandes de crèche sans attendre la naissance.

Cet entretien est une composition éditoriale. Anna Kovalenko-Dubois, sage-femme à la Maison périnatale des Tilleuls à Lyon, est un personnage fictif, tout comme son lieu d’exercice. Ce portrait illustratif synthétise des situations courantes et des informations issues de sources officielles. Il ne reproduit pas le témoignage d’une professionnelle réelle et ne remplace ni une consultation médicale ni un conseil juridique personnalisé.

Organiser le suivi de grossesse en France

Question de la rédaction : par quel professionnel faut-il commencer le suivi ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : En France, une grossesse sans complication particulière peut être suivie par une sage-femme, un médecin généraliste ou un gynécologue-obstétricien. Le choix dépend de l’état de santé de la mère, de ses antécédents, de la disponibilité locale et de ses préférences. Une sage-femme libérale peut assurer les consultations prénatales, prescrire les examens autorisés, préparer la naissance et effectuer une partie du suivi après l’accouchement.

Le gynécologue-obstétricien intervient notamment lorsque la grossesse présente un risque médical ou lorsqu’un avis spécialisé est nécessaire. La maternité peut également organiser directement le suivi, surtout à l’approche du terme. Dans certaines villes, l’inscription doit être demandée très tôt. Il est donc prudent de contacter plusieurs établissements dès la confirmation de la grossesse, sans attendre la première échographie.

La protection maternelle et infantile, ou PMI, constitue une autre porte d’entrée. Ce service départemental propose des consultations gratuites avec des professionnels de la santé maternelle et infantile. Il peut être particulièrement utile lorsqu’une femme vient d’arriver d’Ukraine, ne possède pas encore de médecin traitant, connaît mal le système français ou rencontre des difficultés administratives, linguistiques ou financières.

Question de la rédaction : comment se déroule concrètement le calendrier médical ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Le suivi comprend en principe sept examens prénatals obligatoires lorsque la grossesse arrive à terme : un premier examen au début de la grossesse, puis un examen chaque mois à partir du quatrième mois. Le premier rendez-vous sert à dater la grossesse, examiner les antécédents médicaux, prescrire les analyses nécessaires et repérer d’éventuels facteurs de risque. Des échographies sont proposées aux étapes prévues par le suivi obstétrical.

La déclaration de grossesse doit être transmise avant la fin de la quatorzième semaine. Le médecin ou la sage-femme peut généralement l’envoyer par voie électronique à l’Assurance Maladie et à la CAF. Lorsque la transmission en ligne n’est pas possible, des volets papier sont remis à la patiente. Il faut alors respecter les destinataires et conserver une copie de tous les documents.

Pour une patiente ukrainophone, la compréhension des informations médicales est essentielle. Le conjoint ne devrait pas être automatiquement considéré comme l’unique interprète, surtout pour les décisions intimes ou sensibles. Le couple peut demander à l’établissement s’il dispose d’un service d’interprétariat professionnel. Il est aussi utile de préparer une liste bilingue des traitements, allergies, opérations antérieures et résultats médicaux obtenus en Ukraine, accompagnée d’une traduction fiable lorsque le document est important.

Femme enceinte lors d’une consultation de suivi prénatal avec une sage-femme

Comprendre la CPAM, la PMI et le remboursement des soins

Question de la rédaction : quels frais de grossesse sont pris en charge par l’Assurance Maladie ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Les examens prénatals obligatoires sont pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie. À compter du premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour après l’accouchement, les frais médicaux remboursables sont en principe couverts à 100 % dans la limite de ces tarifs. Les dépassements d’honoraires, certains frais de confort et les prestations non remboursables peuvent rester à la charge de la famille.

Avant le sixième mois, les soins qui ne relèvent pas de la prise en charge spécifique de la maternité sont remboursés selon les règles habituelles. Une complémentaire santé peut couvrir tout ou partie du reste à charge. Avant de choisir une maternité privée ou un professionnel pratiquant des dépassements, il faut demander un devis ou consulter les tarifs annoncés.

L’Assurance Maladie reste la source de référence pour vérifier les examens couverts, les conditions d’indemnisation et l’ouverture des droits. Une attestation de droits récente permet à la maternité de contrôler la situation. La carte Vitale doit être mise à jour après l’enregistrement de la grossesse.

Démarche ou dépense Interlocuteur principal Point à vérifier
Déclaration de grossesse Sage-femme, médecin, CPAM et CAF Transmission avant la fin de la quatorzième semaine
Consultations prénatales obligatoires CPAM Prise en charge sur la base du tarif conventionnel
Échographies et analyses Professionnel prescripteur et CPAM Taux de remboursement et éventuel dépassement
Inscription à la maternité Établissement choisi Disponibilité, niveau de soins et documents demandés
Consultations de PMI Service départemental Horaires, secteur géographique et modalités de rendez-vous
Chambre individuelle Maternité et complémentaire santé Prestation de confort souvent facturée séparément

Question de la rédaction : que faire si la future mère ukrainienne vient d’arriver en France ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Il faut d’abord identifier son statut de séjour, son adresse stable et le régime de protection sociale auquel elle peut être rattachée. Les droits ne dépendent pas simplement de la nationalité ukrainienne : ils varient selon le titre détenu, la résidence, l’activité professionnelle et la situation familiale. Une personne bénéficiant de la protection temporaire doit présenter son autorisation provisoire de séjour et les justificatifs demandés par la CPAM.

En cas d’absence de numéro de sécurité sociale définitif, il ne faut pas renoncer aux soins. La maternité, la PMI, le service social de l’hôpital et la CPAM peuvent expliquer les solutions disponibles. Les consultations urgentes restent possibles, mais leur facturation doit être clarifiée. Pour comprendre les principaux statuts et documents de séjour, le couple peut consulter notre guide sur le visa, les procédures et le séjour des Ukrainiens en France.

Je conseille de constituer un dossier unique avec les pièces suivantes :

  • passeport et document de séjour de la mère ;
  • pièce d’identité du parent français ;
  • justificatif de domicile récent ;
  • attestation de droits à l’Assurance Maladie ;
  • carte de complémentaire santé, le cas échéant ;
  • déclaration de grossesse ;
  • comptes rendus médicaux et ordonnances utiles ;
  • coordonnées de la maternité, de la sage-femme et de la PMI.

Préparer l’accouchement dans un contexte interculturel

Question de la rédaction : comment concilier les attentes françaises et ukrainiennes autour de la naissance ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Il ne faut pas opposer une prétendue méthode française à une méthode ukrainienne uniforme. Les pratiques varient selon les familles, les générations, les régions, les convictions religieuses et l’expérience personnelle de la mère. Certaines femmes ukrainiennes ont connu un suivi plus médicalisé, tandis que d’autres privilégient une présence familiale forte ou des habitudes transmises par leur mère et leur grand-mère.

Le projet de naissance permet de transformer ces attentes en demandes concrètes. Il peut préciser la langue préférée, les souhaits concernant la mobilité, la gestion de la douleur, la présence du conjoint, le contact peau à peau, l’allaitement ou les soins du nouveau-né. Ce document ne constitue pas un contrat imposé à l’équipe. Il sert de support de dialogue et reste soumis à la sécurité médicale de la mère et de l’enfant.

Les cours de préparation à la naissance sont aussi un espace précieux. Le parent français peut y apprendre à soutenir sa compagne sans parler à sa place. La future mère peut poser des questions sur la péridurale, la césarienne, le déclenchement ou le séjour en maternité. Lorsque la langue crée une difficulté, le couple peut demander des supports traduits et noter à l’avance les mots médicaux qu’il ne comprend pas.

Question de la rédaction : les rituels ukrainiens peuvent-ils être intégrés au séjour en maternité ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Oui, à condition qu’ils respectent les règles d’hygiène, de sécurité et de fonctionnement de l’établissement. Certaines familles souhaitent utiliser un textile brodé, prendre une photographie avec une vychyvanka, prononcer une bénédiction, conserver une tradition religieuse ou attendre avant de présenter largement le bébé. Ces choix ne sont pas universels et doivent toujours être formulés comme des préférences familiales, non comme des obligations culturelles.

Les objets placés dans le berceau doivent respecter les consignes de prévention du risque d’étouffement. Les bracelets, rubans, médailles, oreillers et couvertures épaisses ne doivent pas être laissés avec un nouveau-né sans validation de l’équipe. Un objet symbolique peut être montré pour une photographie puis retiré. De même, aucun aliment, produit cutané ou remède traditionnel ne devrait être donné au bébé sans avis professionnel.

Lorsque les grands-parents vivent en Ukraine ou dans un autre pays, la distance peut être douloureuse. Il est possible de préparer des appels vidéo courts, un album partagé ou un message enregistré avant l’accouchement. Le couple doit toutefois préserver le repos de la mère et son intimité. Il peut désigner une personne chargée de transmettre les nouvelles afin d’éviter une succession d’appels pendant le travail ou les premières heures de vie.

Jeune couple franco-ukrainien avec leur nouveau-né à la maternité

Déclarer la naissance, choisir le nom et obtenir le livret de famille

Question de la rédaction : quelles formalités faut-il accomplir immédiatement après la naissance ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : La naissance doit normalement être déclarée à la mairie du lieu d’accouchement dans les cinq jours, le jour de l’accouchement n’étant pas compté. Lorsque le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prolongé selon les règles applicables. Certaines maternités disposent d’un officier d’état civil ou transmettent les éléments nécessaires, mais les parents doivent vérifier la procédure locale.

Les documents demandés comprennent généralement les pièces d’identité des parents, le certificat établi par le professionnel ayant assisté à l’accouchement, la déclaration de choix de nom si elle est utilisée et le livret de famille lorsqu’il existe déjà. L’officier d’état civil peut solliciter d’autres pièces pour vérifier la filiation ou l’état civil du parent ukrainien. Une traduction réalisée par un traducteur habilité peut être nécessaire pour certains actes étrangers.

Si les parents ne sont pas mariés, le père peut reconnaître l’enfant avant la naissance dans n’importe quelle mairie. Cette reconnaissance anticipée sécurise la filiation paternelle et simplifie certaines démarches, notamment si le père ne peut pas être présent au moment de la déclaration. Après l’enregistrement, il faut demander plusieurs copies intégrales ou extraits de l’acte de naissance pour la CPAM, la CAF, l’employeur, la mutuelle et le consulat.

Question de la rédaction : comment choisir le nom de famille et que devient le livret de famille ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Pour le premier enfant commun, les parents peuvent choisir le nom du père, le nom de la mère ou les deux noms accolés dans l’ordre qu’ils déterminent, dans la limite d’un nom pour chacun. La déclaration conjointe de choix de nom doit être préparée correctement et remise lors de la déclaration de naissance. Le choix effectué pour le premier enfant commun s’applique en principe aux enfants communs suivants.

En l’absence de déclaration conjointe, les règles dépendent de l’ordre et du moment où la filiation a été établie. Il est donc déconseillé de découvrir ces conséquences au guichet de la mairie. Le couple doit aussi réfléchir à la transcription du nom ukrainien en alphabet latin. Une graphie cohérente entre le passeport du parent, l’acte français et les futurs documents ukrainiens évitera de nombreuses difficultés.

Un couple marié possède normalement déjà un livret de famille français si le mariage a été célébré ou transcrit en France. Pour des parents non mariés, un livret peut être délivré à la naissance du premier enfant commun lorsque les conditions d’état civil sont réunies. Si le mariage a eu lieu à l’étranger sans transcription, il convient de vérifier la situation avec le service central d’état civil ou la mairie. L’adresse familiale n’est pas inscrite comme un droit sur le logement : pour cette question distincte, consultez notre dossier sur le bail, les garants et la CAF pour un couple franco-ukrainien.

Établir les nationalités française et ukrainienne de l’enfant

Question de la rédaction : l’enfant devient-il automatiquement français ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Oui, un enfant est français dès sa naissance si au moins l’un de ses parents est français au moment de cette naissance. Il s’agit de la nationalité française par filiation. Le fait que l’autre parent soit ukrainien, que le couple soit marié ou non, ou que l’enfant porte le nom du parent ukrainien ne retire pas ce droit.

La filiation avec le parent français doit toutefois être légalement établie. Pour une mère française, elle résulte normalement de sa désignation dans l’acte de naissance. Pour un père français non marié avec la mère, une reconnaissance peut être nécessaire. Lors d’une demande de carte nationale d’identité ou de passeport, l’administration demandera les justificatifs permettant d’établir l’identité, la filiation et la nationalité du parent français.

Le couple doit distinguer l’acquisition de la nationalité et l’obtention d’un document d’identité. L’enfant peut être français sans posséder immédiatement de passeport. Une demande séparée devra être déposée en mairie équipée, avec les pièces et photographies exigées. Les délais augmentent souvent avant les périodes de vacances : il vaut mieux anticiper tout projet de voyage.

Question de la rédaction : comment faire reconnaître la citoyenneté ukrainienne et obtenir des documents ukrainiens ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Un enfant dont l’un des parents est citoyen ukrainien peut acquérir la citoyenneté ukrainienne par filiation selon le droit ukrainien. Cette situation peut conduire l’enfant à posséder les nationalités française et ukrainienne. La France accepte la pluralité de nationalités et n’exige pas qu’un enfant renonce à la nationalité de son autre parent.

Les formalités ukrainiennes ne sont pas réalisées par la mairie française. Le parent ukrainien doit consulter la section consulaire de l’ambassade d’Ukraine en France afin de vérifier la procédure en vigueur : enregistrement de la citoyenneté par naissance, transcription ou présentation de l’acte français, puis éventuelle demande de passeport. Les règles ukrainiennes relatives à la pluralité de nationalités et aux documents consulaires ayant évolué, seule l’autorité ukrainienne peut confirmer la procédure applicable au jour du dépôt.

Le dossier peut notamment nécessiter une copie intégrale récente de l’acte de naissance français, une traduction en ukrainien, les passeports des parents, une preuve de citoyenneté ukrainienne et des formulaires consulaires. Il faut demander au consulat si une apostille, une traduction assermentée ou une légalisation particulière est requise, sans appliquer automatiquement une liste trouvée sur un forum.

Avant le rendez-vous, je recommande cette méthode :

  1. vérifier que les noms et prénoms sont orthographiés de façon cohérente ;
  2. demander au consulat la liste actualisée des pièces ;
  3. commander des copies intégrales récentes de l’acte de naissance ;
  4. faire traduire uniquement les documents confirmés comme nécessaires ;
  5. conserver une copie numérique de chaque pièce et de chaque reçu ;
  6. contrôler les règles de voyage applicables au document présenté.

Préparer le congé maternité et le congé de paternité

Question de la rédaction : quels sont les droits habituels de la mère salariée ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Pour une salariée attendant son premier ou son deuxième enfant, le congé maternité standard est en principe de seize semaines, réparties entre une période prénatale et une période postnatale. Sa durée augmente dans certaines situations, notamment à partir du troisième enfant ou lors d’une grossesse multiple. Des adaptations peuvent également être prescrites pour raison médicale.

L’indemnisation par la CPAM dépend des conditions d’affiliation, de l’activité antérieure, de la transmission des justificatifs et de l’arrêt effectif du travail. L’employeur doit recevoir le certificat précisant la date présumée de l’accouchement et les dates du congé. Une salariée ukrainienne bénéficie des mêmes règles qu’une salariée française si elle est affiliée au régime concerné et remplit les conditions : la nationalité ne détermine pas la durée du congé.

Les travailleuses indépendantes, agentes publiques, demandeuses d’emploi ou personnes exerçant plusieurs activités relèvent de modalités différentes. Il faut interroger la CPAM, l’employeur ou l’administration compétente avant l’arrêt. Les annonces de réforme ne suffisent pas pour établir un budget familial : pour tout congé supplémentaire susceptible de concerner les naissances de 2026, le couple doit vérifier le texte effectivement en vigueur et sa date d’application sur Service-Public.fr.

Question de la rédaction : comment fonctionne le congé du second parent ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Pour un salarié, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est distinct du congé de naissance accordé par l’employeur. Sa durée de référence est de vingt-cinq jours calendaires pour une naissance simple et de trente-deux jours pour des naissances multiples. Une première période obligatoire suit immédiatement le congé de naissance, tandis que le solde peut être pris selon les règles de fractionnement et de délai prévues par les textes.

Le salarié doit prévenir son employeur en respectant le délai légal, en indiquant la date prévisionnelle de l’accouchement et les périodes envisagées. Comme une naissance ne survient pas toujours à la date prévue, il est préférable d’informer également le service des ressources humaines des modalités de mise à jour. La CPAM demandera ensuite les justificatifs nécessaires à l’indemnisation.

Dans un couple franco-ukrainien, il faut discuter de l’utilisation réelle de ce congé. Le second parent peut prendre en charge les repas, les démarches administratives, les rendez-vous pédiatriques et les échanges avec la famille éloignée. Sa présence ne doit pas se limiter à servir d’interprète. Elle doit aussi permettre à la mère de dormir, de se soigner et de signaler rapidement une douleur, une fièvre ou une détresse psychologique.

Demander les aides de la CAF et une place en crèche

Question de la rédaction : quelles aides faut-il demander après la déclaration de grossesse ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : La déclaration de grossesse permet à la CAF d’étudier les droits liés à l’arrivée de l’enfant. Selon les ressources, la résidence et la situation du foyer, la famille peut notamment être concernée par la prime à la naissance et l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant. Ces aides ne sont pas automatiques dans toutes les situations : le dossier doit être complet et les conditions doivent être remplies.

Après la naissance, l’enfant doit être déclaré à la CAF, à la CPAM et à la complémentaire santé. Les parents doivent transmettre l’acte de naissance si l’organisme le demande. Le rattachement de l’enfant à la carte Vitale de l’un ou des deux parents facilite les remboursements. Un changement d’adresse, de revenus, d’activité ou de situation familiale doit également être signalé.

Pour un parent ukrainien, la CAF peut demander une pièce d’identité, un document de séjour, un justificatif de résidence et des éléments concernant les ressources françaises ou étrangères. Une traduction peut être réclamée pour certains documents. Il faut répondre depuis l’espace personnel, conserver les accusés de réception et ne jamais envoyer l’original d’un passeport par courrier ordinaire.

Question de la rédaction : comment augmenter les chances d’obtenir un mode de garde ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : La recherche doit commencer pendant la grossesse. Selon la commune, les parents peuvent déposer une préinscription auprès d’un guichet petite enfance, d’une crèche municipale ou directement auprès d’un établissement. Les commissions examinent les dossiers selon des critères locaux. Une préinscription ne garantit donc pas une place, mais une demande tardive réduit les possibilités.

Il faut comparer les crèches municipales, associatives, parentales, familiales, les micro-crèches et les assistants maternels. Le coût dépend du mode de garde, des ressources et des aides mobilisables. Le complément de libre choix du mode de garde peut participer au financement de certaines solutions, sous conditions. La CAF et le service petite enfance de la commune peuvent réaliser une première estimation.

La préparation pratique peut suivre trois axes :

  • déposer plusieurs demandes compatibles avec les trajets professionnels ;
  • chercher parallèlement un assistant maternel agréé ;
  • établir un budget intégrant les frais restant à charge ;
  • demander les horaires exacts, les périodes de fermeture et les règles d’adaptation ;
  • préciser les langues parlées à la maison sans présenter le bilinguisme comme un problème ;
  • actualiser le dossier dès la naissance ou lors d’un changement professionnel.

La transmission du français et de l’ukrainien peut être préparée dès les premières années, sans imposer un partage rigide. Chaque parent peut utiliser la langue dans laquelle il s’exprime avec le plus de naturel. Pour approfondir ce sujet, lisez notre entretien sur l’éducation des enfants franco-ukrainiens et notre comparaison des systèmes scolaires ukrainien et français.

Construire un plan d’action avant et après la naissance

Question de la rédaction : quel calendrier pratique conseillez-vous au couple ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : Au premier trimestre, les priorités sont le choix du professionnel, l’inscription à la maternité, les premiers examens et la déclaration de grossesse. Le couple doit aussi contrôler les droits CPAM, ouvrir ou mettre à jour le dossier CAF et demander une aide linguistique si nécessaire. Lorsque les parents ne sont pas mariés, la reconnaissance anticipée peut être effectuée sans attendre les dernières semaines.

Pendant les mois suivants, il faut préparer le choix du nom, contacter le consulat ukrainien, rechercher un mode de garde et organiser les congés avec les employeurs. C’est aussi le moment d’aborder le projet de naissance, les visites familiales et la place des rituels. Les copies d’actes étrangers, traductions et justificatifs de séjour doivent être regroupés avant le terme.

Après l’accouchement, les parents doivent vérifier la déclaration à l’état civil, récupérer les actes de naissance, mettre à jour la CPAM et la CAF, rattacher l’enfant à une complémentaire et informer les employeurs. Les démarches ukrainiennes peuvent ensuite être poursuivies selon les consignes du consulat. En présence d’une urgence médicale ou psychologique, elles passent naturellement après la santé de la mère et du bébé.

Question de la rédaction : quelle erreur administrative faut-il absolument éviter ?

Réponse d’Anna Kovalenko-Dubois : La principale erreur consiste à supposer qu’un organisme transmet automatiquement toutes les informations aux autres. La déclaration de grossesse adressée à la CPAM et à la CAF ne remplace pas l’inscription à la maternité. La déclaration de naissance en mairie ne met pas automatiquement à jour l’employeur, la mutuelle, la crèche ou le consulat ukrainien.

La seconde erreur est d’utiliser des graphies différentes pour le même nom ukrainien. Une variation de translittération peut compliquer une demande de passeport, un voyage ou la preuve de la filiation. Avant la déclaration de naissance, il faut comparer attentivement le passeport ukrainien, l’acte de mariage, les documents français et la forme choisie pour l’enfant.

Enfin, le couple ne doit pas se fier exclusivement aux groupes de discussion en ligne. Ils peuvent apporter un soutien utile, mais les procédures changent et les situations individuelles diffèrent. Pour les soins, la référence reste l’Assurance Maladie et l’équipe médicale. Pour l’état civil, il faut interroger la mairie ou Service-Public.fr. Pour les documents ukrainiens, seule l’autorité consulaire peut confirmer les exigences applicables.

FAQ

Une femme ukrainienne peut-elle être suivie gratuitement par une PMI ?

Oui. Une femme enceinte peut contacter la PMI de son département, y compris lorsqu’elle ne possède pas encore de médecin traitant. Les consultations proposées sont gratuites, mais l’organisation, les délais et les professionnels disponibles varient selon le département.

L’enfant d’un parent français et d’un parent ukrainien possède-t-il les deux nationalités ?

L’enfant est français dès sa naissance si l’un de ses parents est français et si la filiation est légalement établie. Il peut également acquérir la citoyenneté ukrainienne par filiation. Les parents doivent toutefois accomplir les formalités demandées par le consulat ukrainien pour obtenir les documents correspondants.

Dans quel délai faut-il déclarer la naissance en France ?

La naissance doit normalement être déclarée dans les cinq jours suivant l’accouchement, sans compter le jour de la naissance. La maternité peut organiser ou faciliter la déclaration, mais les parents doivent vérifier qu’elle a bien été enregistrée par l’état civil.

Peut-on donner à l’enfant les noms de ses deux parents ?

Oui. Pour leur premier enfant commun, les parents peuvent choisir le nom du père, celui de la mère ou leurs deux noms accolés dans l’ordre souhaité. La déclaration conjointe doit être remise lors de la déclaration de naissance et le choix s’appliquera en principe aux autres enfants communs.

Quand faut-il demander une place en crèche ?

Il est recommandé de se renseigner pendant la grossesse et de déposer une préinscription dès que la commune ou la structure l’autorise. L’acte de naissance sera ajouté après l’accouchement. Comme aucune préinscription ne garantit une place, il est prudent de rechercher simultanément plusieurs solutions de garde.